ARTICLES

La désinformation climatique existe encore !     

Dix ans après la signature de l’Accord de Paris (2015), la crise climatique est plus urgente que jamais : « Entre février 2023 et janvier 2024, la température moyenne mondiale a dépassé pour la première fois le seuil de + 1,5° C par rapport à la période 1850-1900 ». 
Les crises écologiques progressent et leurs conséquences sont désormais palpables : elles sont matérielles, démocratiques, humaines.   
Les leviers pour y remédier sont nombreux, mais l’un d’entre eux reste prioritaire : il s’agit de la mobilisation des journalistes et des médias, c’est-à-dire la production d’une information environnementale exacte et de qualité.   
Le sixième rapport du GIEC l’affirme : « les médias jouent un rôle crucial dans la formation des perceptions, de la compréhension et de la volonté du public à agir vis-à-vis du changement climatique » (page 2516).   
En informant davantage et mieux, en enquêtant en profondeur, les médias peuvent déjouer l’inertie, et se positionner comme contre-pouvoir efficace.   
Pour que les citoyens et les décideurs politiques du monde entier puissent enclencher les actions climatiques nécessaires, il est essentiel qu’ils aient accès à des informations précises, cohérentes, fiables, documentées et transparentes sur les causes et les conséquences du changement climatique, ainsi que sur les solutions à mettre en œuvre pour y remédier.   
Cependant, la réponse humaine à la crise climatique est entravée et parfois même retardée par la diffusion d’informations trompeuses, comme l’a récemment établi le « Panel international sur l’environnement de l’information ».   
L’association Quota Climat a utilisé une intelligence artificielle pour passer au crible toutes les télés et radios afin de repérer les fausses infos et ensuite elle a demandé à des vérificateurs de tout revoir.

En huit mois seulement, 530 cas de mauvaise information sur le climat ont été détectées, soit plus de 2 par jour et surtout 19 campagnes de désinformation et plusieurs sujets relayant de fausses informations.   
Sans grande surprise, le sujet des éoliennes représente plus de la moitié des campagnes de désinformation concernant les renouvelables.   
Il est dit et répété, par exemple, qu’elles font exploser le prix de l’électricité. 
C’est faux, la commission de régulation de l’énergie a démenti ces propos. « Les éoliennes seraient aussi inefficaces ou inutiles » : RTE, l’entreprise de réseau de transport et d’électricité dit le contraire.     
Plus surprenant encore, la canicule de l’été 2025 a fait monter le thermomètre de l’intox. Lors des événements extrêmes, la désinformation climatique explose, analyse Eva Morel, Secrétaire générale de Quota Climat.   
Elle cite le Rassemblement National et des propos sur la climatisation qu’il faudrait installer partout comme si c’était possible et compatible avec nos engagements.   
Quant aux télés et radios, elle pointe du doigt Sud Radio avec un cas de désinformation toutes les 40 minute d’infos sur le climat. Le gendarme de l’audiovisuel, l’ARCOM, a aussi mis en garde cette antenne à plusieurs reprises pour ses propos climato sceptiques.   
C NEWS, quant à elle, est également mal notée, à l’opposé de RFI qui serait un modèle.   A France Inter, pas de désinformation mais seulement 4 % du temps d’antenne est consacré au climat.   
Au Brésil par exemple, les médias brésiliens parlent moins de climat. Il y a deux fois moins de sujet qu’en France. Par contre, on ne parle pas des conflits de luttes locales, sans doute parce que certains médias appartiennent à des familles de l’agrobusiness.   Non seulement la désinformation ralentit l’action climatique, encombre le débat mais elle fragilise la démocratie. Il faut appeler les Etats à s’emparer de ce sujet dès la prochaine COP sur le climat. Cette conférence de l’ONU à Belém, la COP 30 se prépare actuellement avec on l’espère de de nouveaux engagements pour réduire les émissions de CO2.   Les COP sont toujours des moments importants et très intenses pour certes alerter, mais aussi pour permettre aux générations futures d’espérer un monde meilleur.   
Source : Rapport octobre 2015 commandé par Quota Climat, Science Feedback et Data for Good « Cartographie de la désinformation climatique dans les médias français et brésiliens

Recherche